Subversion et Nihilisme dans le jeu vidéo :Pourquoi Hatred?

hatred

Hatred

Subversion et Nihilisme dans le jeu vidéo

Pourquoi Hatred

Depuis le récente polémique sur le jeu du studio polonais Destructive Création, il était temps d’y voir un peu plus clairs sur l’aspect subversif du jeu vidéo en mettant en parallèle l’évolution (ou la régression) des mentalités.

Hatred fait polémique sur fond d’une histoire qui pourrait ressemblé à un joli coup marketing.
Du fait du retrait et de la remise en ligne (grâce au Fondateur Gabe Newell) du jeu sur la plateforme Steam Grennlight après les déclarations très engagées des développeurs.

Mais « l’affaire » Hatred n’est qu’un prétexte au comportement pour le moins excessif des senseurs.
Pour revenir aux jeux vidéo pour le moins anti-conformiste comme Postal et GTA, ou voir Manhunt ceux-ci se posent comme de véritables subversions vidéo-ludiques.

Subversion :
En effet Postal du studio Running with Scissors propose une mécanique basée sur la violence gratuite mais traitée sur le ton de l’ironie, de l’humour et surtout du décalage.
Critique acerbe de la société de consommation Américaine, Postal est nihiliste dans les actes de son personnage (non les vôtres, hé oui…) mais se base sur des fondamentaux bien plus sociologique.

Tout est traité à l’excès, mais la société de consommations hyper présente, agressive autour de nous n’est parfois pas loin du constat traité par les développeurs de Running with Scissors.

Dans le jeu on décide (ou pas) de détruire tout cela.
C’est VOUS pas le personnage !

Postal 2

Réalité :
GTA se calque plus d’un point de vu cinématographique dans sa mise en scène, mais montre les aspect les plus sombres de l’âme humaine.
Des aspects réels de la surconsommation (encore un traitement sans compromis du système américain) mais montre parfois avec une certaine réalité les conditions des différents contextes sociaux.

Entre prostitution, sexe, braquage, violence, carnage, drogue, alcool, arme et j’en passe.
GTA est sûrement un phénomène mondial du fait de son positionnement sur le marché du jeu vidéo.

Il est pour ainsi dire l’une des franchises qui rapporte le plus d’argent au monde !
Ce qui le place comme le jeu le plus anti-conformiste et est en fin de compte le jeu le plus vendu.
Sauf que le studio Rockstar North se positionne clairement comme un développeurs qui ne critique pas ou dénonce les abus d’une société ultra consommatrice comme Postal.

Mais montre uniquement ce qui existe réellement dans nos sociétés (ce qui peut être gênant pour les tenants de la bonne morale).

Après à chacun de vivre le jeu comme il l’entend.
Il s’agit du fameux concept du « bac à sable » ou vous avez le choix d’être un véritable psychopathe ou un type qui survie grâce aux petit trafic (en particulier dans GTA 5).

Hypocrisie :
Hatred est aussi violent qu’un call of duty MW2 dans la mission « Russian.. » ou autres FPS.
Il se positionne comme un jeu autiste et nihiliste ou la seule règle est de tuer.

Call of Duty MW2 mission Russian

Mais celle-ci existe dans des jeux bien plus conformiste.
Un call of Duty ou vous êtes un soldat aux ordres d’une idéologie dominante est tout aussi agressif socialement dans sa trame.
Et dans Assassins Creed rien ne vous empêche de tuer les personnages pour les voler.
D’ailleurs le jeu vous place dans la peau d’un assassin, non ?

Après c’est le choix du libre arbitre, la ou contrairement Hatred vous oblige à tuer sans aucune condition.

Un choix :
Il faut savoir que les joueurs sont très sensibles aux trames de ce type.
Lors de la sortie de « Wolfenstein ; The New Order », nombre de joueurs reprochaient au studio Machine Games et à son éditeur Bethesda de ne pas jouer aussi des Nazis !

Tous comme les premiers Medal of Honor célèbre FPS ou les joueurs se plaignaient de ne pas avoir des tenues de SS.

Il ne s’agit pas de psychopathes « Nazifiés » mais de joueurs qui veulent l’envers du décor.
La glorification du bien occulté au profit de la glorification du mal dans un univers imaginaire.

Cela est d’ailleurs séducteurs (et les studio le savent) pour les gamers parce que l’on peu s’adonner aux plus bas instincts sans être accusés et jugés pour des actes immondes.

En parallèle :
Culture du nihilisme et de l’anti-conformisme, ce n’est pas que du pixel !

Il n’y a pas que le jeu vidéo qui « provoque » et interroge.
La musique et le cinéma aussi.
Le réalisateur Allemand Uwe Boll avec son films ultra violent « Rampage » est une sorte d’Hatred avec la condamnation sans appel de l’Amérique et son système capitaliste.

Rampage d’Uwe Boll

La musique dite Industrielle ou celle de type Dark-folk sont très nihiliste.
Classé underground, elles sont aussi une forme de message comme Hatred.
L’œuvre Bruitiste de Vivenza dénonce l’industrialisation de la pensée au travers des machines et du consumérisme dans un vacarme insoutenable !

Le groupe slovène Laibach très polémique dans son comportement ne dénonce que la fabrication d’une société dans son aspect totalitaire au travers de la surconsommation des masses.

Ou Douglas Pearce Chanteur très controversé du groupe de Dark-folk « Death in June » qui dit très clairement;

« Je propose et démontre ce qu’il y a de pire en nous pour mieux exorciser notre coté sombre … »

Hatred :
« Vous allez sortir pour une chasse, vous allez nettoyer le sol américain des humains avec sang-froid. Vous allez tirer, vous allez faire mal, vous allez tuer, vous allez mourir. Il n’y a pas de règles, pas de compassion, pas de pitié, impossible de revenir en arrière. Vous êtes le seigneur de la vie et de la mort, et maintenant vous avez le plein contrôle sur la vie de racailles sans valeur ».

Voici les déclarations qui peuvent porté à controverse du Studio Polonais d’Hatred.
Il n’y a rien de choquant en soi et n’est qu’un comportement déjà vu dans de nombreuses forme d’art.

Et surtout il provoque des réactions auprès des joueurs ou il est actuellement l’un des mieux classé dans l’attente des joueurs sur la plateforme Steam Greenlight.

Comme quoi choquer paye !
Gabe Newell, l’emblématique fondateur de Valve lui l’a bien compris.

Pour finir mon analyse, je pense qu’Hatred est utile. Il exorcise les tueries dans les écoles américaines ou celle de Breivik en Norvège . Mais au delà il pose les questions sur notre positionnement face à la violence de nos sociétés.

Et surtout ce que nous faisons de tous cela.
En fin de compte Hatred ne montre t-il pas des aspects que nous n’osons pas voir autour de nous?

Un reflet de notre propre miroir………
« L’ancien ».

alyxlancien

"l'ancien". Ancien pour plus de 35 ans de passion vidéo ludique. Regard et analyse des contextes environnementaux lié au monde jeu vidéo. Joueurs, testeurs et chroniqueur indépendant. "Le jeu vidéo est art ludique, c'est une liberté totale de penser et de créativité qui mène à l’expansion de la libre expression artistique. Il n'engendre pas d'enfermement, mais une ouverture sur l'imaginaire collectif. En quelque sorte, c'est une porte vers notre propre liberté individuelle." A."l'ancien"

4 Comments

  1. Oh ça marche je repasse demain pour commenter

  2. Notre point de vue est souvent lié à notre conditionnement culturel, Axe et Alliés, Jedi et Sith, Loi et Chaos…

    Chaque individu trouvera que son contradicteur à tort, et réciproquement.

    Le gendre idéal par contre voudra bien mener des actions politiquement incorrectes dans le JV et trouvera ça fun alors que salopard de service n’aura pas besoin de GTA pour faire des méfaits IRL

    Perso, j’ai joué à Lucius non pas pour aiguiser mes vices IRL mais juste pour « incarner » Damien (la Malédiction) en JV.

    Pour finir, chacun a un coté sombre, de la haine en nous mais le principal dans la vrai vie, c’est que l’on ait plus d’amour dans le coeur que de haine dans l’esprit.

  3. subb

    Salut Alex et merci pour ce chouette article ( ouais on est bien en 2015 et j’utilise encore des mots aussi désuets que  » chouette  » ) .

    Je me pose ( au moins ) une question : est ce qu’une subversion qui produit des effets encore plus pervers que ce qu’elle entend dénoncer est réellement de la subversion ?

    Plus j’y pense et plus je me dis que tout ça est un spectacle de la subversion , mais pas la subversion elle même . Il ne suffit pas de mettre en scène l’horreur du monde moderne pour produire une critique en profondeur .
    Finalement le marché est gagnant ( flatter nos instincts les plus reptiliens a toujours rapporté gros ) , mais certainement pas la morale ( non ce n’est pas un gros mot et non je ne suis pas intégriste catho ! ^^ ) .

    L’exemple qui me vient à l’esprit est Tony Montana . Celui qui avait comme postulat d’incarner l’impasse qu’était la vie de criminel ( avec sa grande violence et sa tronçonneuse ) est devenu quelques décennies après LE modèle de réussite dans toutes les cités ( je ne compte plus le nombre de mômes que je connais et qui se pavanent avec un t-shirt  » Scarface  » , et c’est pas vraiment des cinéphiles les mecs … ) .

    Si c’est ça la subversion … je voyais pas ça comme ça moi .

  4. subb,

    Slt et merci 😉
    Tout dépend comment l’on se positionne sur le « terrain de la subversion ».
    Je pense à la subversion critique plutôt, démontré le plus moche pour en tiré une essence plus saine.

    Ainsi qu’une analyse critique justement de la banalisation de la violence.
    Certaines forme d’art montrent le pire pour dénoncé l’horreur de nos conditions dans certains contextes.

    C’est justement sur se positionnement que je me pose.Le but n’est pas de banalisé mais de démontré l’erreur cette banalisation.
    Paradoxe: Les USA sont une nation ultra violente et ils le vivent depuis plusieurs décennies et à la fois ils montrent un puritanisme complétement idiot.

    Il est conviens donc de démontré une société qui base la violence sur le nihilisme et propose à la fois des règles établis selon leurs aspirations dite « religieuse ».
    Hatred, Postal…, montrent cela justement, Le but étant la destruction pour démontré que la banalisation du pire fait partie des sociétés moderne.

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